08 août 2009
La peinture Italienne
La peinture de la Renaissance Les prémisses et le Quattrocento à Florence 1250 - 1450 |
Les premisses avec Cimabue et Giotto
Cimabue vers 1240-1302, de son vrai nom Cennini di Pepo, sera le premier à rompre avec les règles de la peinture d'inspiration byzantine. En contact avec d'autres artistes à Florence, il veut sortir la peinture des icônes et des mosaïques. Les toiles s'arborent d'une expression simple et douce des figures, loin de la sophistication byzantine.
Il insufflera dans ses tableaux plus de réalisme, abandonnant l'aspect décoratif de la peinture (fresque, retable). C'est une idée qui sera exploitée ensuite par Giotto. Aucune oeuvre de Cimabue n'est parvenue jusqu'à nous. On lui attribue la Maesta de l'église de la Trinité à Florence et la Maesta d'Assise.
Giotto(1266-1337), de son vrai nom Giotto di Bondone, qui aurait été l'apprenti de Cimabue, va rompre avec l'art byzantin qui est répandu sur toute l'Europe, préférant le réalisme. Cette recherche du vrai s'inscrit dans un mouvement général à la fin du XIIIème siècle.
Ce trait de Giotto va se manifester dans son traitement des fresques qui jusqu'à présent était faites dans un espace à deux dimensions et encadrés de motifs végétaux comme pour une tapisserie. Giotto va proposer un espace tridimensionnel, déjà évoqué dans l'Antiquité mais oublié durant le Moyen-age. Cela permet d'établir une représentation plus humaine.
Giotto s'attachant à l'observation de la vie et à une plus grande expression des figures peintes (gestes, regards). Ce souhait de volume dans les tableaux implique la notion de perspective. La première réalisation de Giotto selon ces nouveaux principes sont les fresques de la vie de Saint François à Assise . On y remarque la netteté des attitudes, la simplicité de la restitution des habits et l'intensité des regards .
Il séjourne à Padoue où il décore la chapelle Scrovegni de 1303 à 1305. Ces ensembles de fresques préfigurent les recherches sur la perspective du Quattrocento. Citons encore la Madone Ognissanti, représentant une personne sacrée avec une grande humanité, rompant ainsi définitivement avec la peinture médiévale. Il décore la chapelle de la Madeleine à Assise vers 1310. Il utilise la peinture à sec pour réaliser les scènes de l'enfance du Christ et les allégories franciscaines en 1310 et 1320.
Dans ses oeuvres faites entre 1320 et 1325, il recherche un plus grand raffinement (fresques de la chapelle Bardi de Santa Croce de Florence. A partir de 1328, il travaille à Naples. Il décède en 1337 à Florence alors que son atelier réalise les fresques de la chapelle du podestat au Bargello.
De cette époque initiale, il faut également évoquer le peintre Duccio di Buoninsegna (vers 1260-1318), fondateur de l'école de Sienne avec sa toile nommée la Maestà. L'influence gothique remplace l'art d'inspiration byzantin mais Sienne restera en dehors de la Renaissance. De cette école, nous trouvons les peintres Simone Martini (1284-1344) et les frères Ambrogio Lorenzetti (1285-1348) et Pietro Lorenzetti (1280-1348).
Chez Martini les personnages ne sont plus sur un même plan au fond mais donne l'impression d'une perspective. Chez Lorenzetti nous assistons à un enthousiasme non religieux de la vie et de l'histoire humaine. L'école de Sienne s'essouffle durant le XVIème siècle et s'éteindra avec la soumission de la cité à Côme 1er de Médicis en 1555.
Le Quattrocento
Au début du Quattrocento (XVème siècle), les cités italiennes jouent un rôle économique et politique important en Europe. Dirigées par des familles princières, ces dernières rivalisent pour produire ce qu'il peut y avoir de plus beaux pour exprimer leur puissance.
Ce sont les Médicis à Florence, les Sforza à Milan, les Montefeltre à Urbino, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare ou Venise. Dans ce contexte, c'est à Florence que s'exprimeront les premiers peintres de la Renaissance. L'essor de cet art est dû à l'importance du monde de la finance, à la culture humaniste qui progresse, aux commandes d'œuvres qui croit et à l'apparition d'ateliers spécialisés. L'artiste devient une personne recherchée par les mécènes.
Ces derniers respectent leur connaissances et leur sens de l'imaginaire. Du regain d'intérêt pour les connaissances de l'Antiquité (le naturalisme d'Aristote entre autres) découle l'observation et l'étude du monde. Cela fait que les thèmes profanes deviennent de plus en plus importants. L'art devient attrayant pour le mode d'expression personnelle qu'il devient.
Le Quattrocento connaîtra comme précurseurs, Donatello pour la sculpture, Brunelleschi pour l'architecture et Masaccio pour la peinture. Ils ont tous trois une croyance forte dans les fondements théoriques de l'art. Leur art sera basé sur la nature et leur appréhension du comportement humain.
Aussi s'attachent-ils à rechercher méthodiquement à répondre aux problèmes de la représentation du volume, du poids ou des mouvements des figures, de la perspective. Aussi cherchent-ils à trouver des règles générales qui traitent des problèmes de proportions, de rendu de l'espace, de restitution des apparences de la nature.
Le premier de ces peintres du Quattrocento est Masaccio (1401-1428), de son vrai nom Tommaso di Ser Giovanni di Mone Cassai. Il est très apprécié des novateurs, artistes se groupant autour de Brunelleschi. Il en appliquera les nouvelles théories architecturales à son oeuvre.
La Sainte Trinité, fresque de l'église Santa Maria Novella. Arrivé à Florence en 1422, il travaille avec le peintre Masolino (1383-1440). Ce dernier à peut être été son maître. Masaccio est le successeur de Giotto. Léonard de Vinci parle ainsi de Masaccio :
"Après Giotto, l'art retoma en décadence pendant plus d'un siècle, parce que les peintres commencèrent à imiter les oeuvres de Giotto. Puis vint le florentin Tommaso (Masaccio) ; il prouva, par la perfection de ses oeuvres picturales, que tous ceux qui ne prennent pas comme modèle la nature, cette éducatrice de tous les maîtres, s'efforcent vainement de faire de l'art."
Il accentue ses travaux sur la perspective et le naturalisme. Il est le vecteur à Florence des travaux de Brunelleschi et de Donatelo. Il est l'auteur d'une partie des fresques de la chapelle du cardinal Brancacci dans l'église de Santa Maria del Carmine de Florence. Il utilise la perspective dans ses tableaux, portant une grande attention aux structures et aux volumes.
Cette perspective s'appuie sur la théorie du point de fuite unique. Il permet à la peinture italienne de présenter une vision coordonnant l'espace conçu théoriquement et celui construit pratiquement. Il est ainsi possible d'établir une échelle de proportion entre les différents personnages d'un tableau. Il partira à Rome avec Masolino et y décède en 1428.
Pour imposer sa façon de peindre, Masaccio a besoin de médiateur comme Fra Angelico (vers 1400-1455). Marqué par Giotto, il est un des plus remarquables représentant de l'école florentine du Quattrocento. Dominicain, Fra Angelico, à travers sa peinture, a illustré les écritures saintes. Cet artiste, issu de l'époque gothique, a un mode de pensée encore mayen-ageux.
Cependant sans ses toiles, nous pouvons y voir une beauté des couleurs et une maîtrise de la perspective. Durant sa jeunesse, Il aurait pratiqué la miniature, avec comme maître Lorenzo Monaco. Entre 1420 et 1422, Fra Angelico rentre au couvent San Domenico de Fiesole. En 1428 et 1429, il peint le Retable de Fiesole et le Triptyque de Saint Pierre martyr.
L'évolution de son style se remarque dans le Tabernacolo dei Linaioli (1433) où nous sentons l'influence de Masaccio. Fra Angelico, sensible à la nature, peint le premier paysage de la peinture italienne : le lac Trasimène (1433-1434). Cet apport du décor naturel se voit notamment dans la toile de la scène de la Déposition. Cependant, Fra Angelico n'incorpore pas toujours ces innovations et certaines de ces toiles rappellent le début du Trecento et Giotto (Couronnement de la Vierge).
En 1436, les dominicains investissent les bâtiments en ruine du couvent Saint Marc. C'est Fra Angelico qui doit assurer la décoration, l'architecte Michelozzo devant le restaurer. Ces travaux dureront de 1438 à 1452. Il y peint ce qui a de plus beau en matière de fresques (voir l'image - L'annonciation (1449)). Celles-ci n'ont pas d'ornementation et le jeu des lumières y est très important. A la fin de l'année 1445, il se rend à Rome, demandé par le pape Eugène IV, afin de décorer la chapelle du Saint Sacrement. Le successeur d'Eugène IV, Nicolas V, commande la décoration de sa chapelle privée. En 1450, il retourne à Fiesole où il exécute des oeuvres commandée par Côme de Médicis.
Il meurt en 1455, et est enterré dans la chapelle Saint Thomas d'Aquin. Sa gloire a été importante et il influence des peintres comme Filippo Lippi, Pier della Francesca. Il sera béatifié le 3 octobre 1982 par le pape Jean Paul II. Son oeuvre frappe par la simplicité et la force des jeux de couleurs (blanc, bleu, or et rouge). Son oeuvre place les angoisses terrestres, les joies et la vie de tous les jours dans la lumière divine. Sa peinture constitue une synthèse entre le Moyen-age et la Renaissance.
Domenico Veneziano (1401-1465) est un peintre vénitien. Il travaille à Florence avec Piero della Francesca à la décoration du chœur de l'église Saint Eugène. Il aurait introduit la peinture à l'huile en Toscane, technique connue en Italie avant 1390. Il peint pour la famille des Médicis, notamment l'Adoration des mages, la Vierge entourée de saints qui est un tableau structuré ou la Vierge et l'Enfant avec les saints où l'on remarque une très bonne maîtrise de la perspective et de la lumière.
Fra Filippo Lippi (1406-1469), religieux défroqué, côtoie à Naples la peinture flamande et s'inspire de Masaccio. Il peint notamment la Madone de Tarquila en 1437 où l'on voit l'envie de restituer une intimité, la Vierge à l'enfant entre deux anges en 1465 où l'on voit un fond constitué d'un paysage inscrit dans une fenêtre. Cette dernière toile influiencera les artistes florentins, notamment un de ses élèves appelé Boticelli.
Un autre peintre s'intéresse aussi à la perspective. Il s'agit de Paolo di Dono dit Paolo Ucello (1397-1475). Assistant de Ghiberti à partir de 1404, Ucello travaille avec Donatello. De 1425 à 1430, il travaille à la basilique Saint-Marc comme mosaïste. Il peint le Monument équestre de Sir John Hawkwood en 1436 (voir l'image), les scènes de la vie de Noé en 1446. Un peu avant Piero della Francesca, il prend conscience des nouveautés introduites par Masaccio. A partir de 1431, il plonge dans l'étude de la perspective à points de fuite multiples. En 1456, il peint les trois batailles. Leur géométrie complexe préfigure les oeuvres de Piero della Francesca. Dans certaines de ses oeuvres, il reste un peu archaïque (comme dans les Deux Saint Georges ou La Chasse). En 1465, il peint la pedelle d'un retable (la Communion des apôtres). Dans cette oeuvre, Ucello se montre artiste, savant et poète.
Andréa del Castagno (vers 1421-1457), de son vrai nom Andréa de Bartolo de Bargilla, est influencé par Masaccio et Donatello. Il peint les fresques du réfectoire de Sant' Apollinia (1415-1450). Il est habile à restituer la perspective dans ses toiles. Il réalise neuf tableaux pour la villa Carducci en 1450. Il peint la fresque du monument funéraire équestre du condottiere Niccolo da Tolentino en 1456, vingt ans après une toile semblable d'Ucello, exprimant les évolutions dans le traitement de la perspective. Dans la toile nommée Saint Jérôme, il restitue parfaitement l'aspect dramatique de la scène.
La peinture de la Renaissance
2ème partie : Le Quattrocento à Sienne et à Venise
1400 - 1530
Sur le plan commercial, Florence et Sienne sont des villes rivales. Dans cette rivalité, nous pouvons ajouter Pise et Venise. Aussi ces quatre villes vont-elles se défier dans le domaine artistique.
Nous avons déjà découvert Florence et sa peinture. Nous allons maintenant nous attarder sur les artistes de la ville de Sienne, qui invente un style propre à elle avec ses oeuvres au fond doré, avec ses corps allongés. Nous découvrirons ensuite la peinture de Venise, ville à la lumière et l'espace particulier, inspirant des oeuvres à l'ambiance différente.
Sassetta (v 1400 - 1450)
Le premier des peintres de Sienne est Sassetta, de son vrai nom Stefano di Giovanni di Consolo da Cortana. Sassetta peint essentiellement des retables dans lesquels nous ressentons l'esprit du gothique, dans les fonds dorés et l'ambiance pieuse. Mais nous ressentons également les nouvelles influences florentines dans le traitement de la perspective. Sassetta est un artiste de transition entre deux époques artistiques.
Il peint L'Adoration des Mages en 1429 (ou 1437 selon d'autres sources).
De 1437 à 1444, il travaille sur l'une des oeuvres les plus importantes de Sienne : le polyptique de Borgo San Sepolcro. Celui-ci représente sur le recto une vierge à l'enfant au milieu, entourée de Saint Jean-Baptiste et Saint Antoine de Padoue sur les côtés. Au verso, nous retrouvons la vie de Saint François.
De 1430 à 1432, il réalise la Madone des neiges. Ce retable est destiné à la cathédrale de Sienne. Aux caractéristiques déjà évoquées des toiles de Sassetta, il faut rajouter avec cette oeuvre le souci détail dans le rendu des personnages et le souci du rendu de la perspective.
Giovanni di Paolo (v 1403 - v 1482)
C'est un représentant important de l'école de Sienne. Il définit un style personnel dans lequel il utilise des couleurs crues et des formes allongées. Il dégage une ambiance surréaliste dans "Le miracle de Saint Nicolas de Tolentino", peint vers 1455.
Ses oeuvres les plus récentes sont plutôt exécutées dans le style grotesque.
Le Jugement dernier peint en 1465 et l'Assomption de la Vierge en 1475 en sont des exemples.
Piero della Francesca (v 1420 - 1492)
Il est à la fois peintre et mathématicien. Il souhaite imposer la peinture comme un reflet de la connaissance.
Il naît à Borgo San Sepolcro vers 1420. Il se forme à Florence. Il travaille ensuite dans les villes de Rome, Ferrare, Rimini et Urbino. Dans ses premières oeuvres nous retrouvons une influence flamande.
Il réalise de 1430 à 1445 le Baptême du Christ. Toile traitée à la façon d'une scène mythologique, elle fait référence à des épisodes historiques. Deux arbres, un blanc et un noir, font écho à la scène principale de Jésus et de Jean. De même, trois personnages aux habits orientaux font référence à la réunion des églises, après la chute de Byzance.
Il peint principalement des retables et des fresques pour les églises. Ainsi celle de l'histoire de la Vraie Croix peinte entre 1452 et 1455 marque la maturité de l'artiste. Elle dépeint des évènements sans suite dans le temps, posant déjà les questions de l'espace et du traitement de la géométrie.
Plus tard, le tableau de la Vierge de Sinigallia met en évidence le traitement de la proportion des figures, les uns par rapport aux autres. Piero della Francesca s'intéresse à la perspective et écrit un traité : De Prospectiva Pingendi. Ses vues ne sont pas partagées par tout le monde.
La Flagellation du Christ de 1448 met en avant cette perspective au niveau du personnage qui tient le fouet, où leplafond et le sol se rejoignent. L'Annonciation est un tableau proposant une scène céleste et une scène terrestre.
On peut citer de Piero della Francesca le portrait de profil de Baptista Forza et de Frédéric de Montefelte, la madone de Sinigallia.
Antonello da Messina (v 1430 - 1479)
Antonello da Messina est influencé par la peinture flamande et son oeuvre représente une synthèse entre celle-ci et la peinture italienne. Il se forme dans la ville de Naples, dans les années 1450, avec comme maître Colantonio.
Ainsi dès son début il mélange le rendu des paysages de la peinture flamande et l'espace et le volume tel qu'il est traité en Italie. Il aurait été influencé par les toiles de Piero della Francesca et de Fra Angelico qu'il aurait vu à Rome.
En Sicile, après un premier voyage à Venise en 1470, il peint le retable de Saint-Grégoire. A Venise, en 1474, il y peint le retable de San Cassiano et Saint-Sébastien. Dans cette ville, Messina apporte la technique de la peinture à l'huile, héritée de la peinture flamande qu'il connaît parfaitement.
La technique du portrait évolue à Venise, apparaissant le portrait de trois quart qui remplace le portrait florentin. On ne travaille plus sur le contour du corps, mais sur son volume. De retour en Sicile en 1476, il peint des portraits tel le Condottiere. Il peint une Annonciation en 1476.
Il peint également le Christ à la colonne, où son visage plein de douleurs est bien rendu ; la Vierge de l'Annonciation et le Saint Jérôme dans son cabinet d'études.
La peinture d'Antonello da Messina est une synthèse entre la peinture de l'Italie du Nord et du Sud, entre celle d'Italie et la peinture flamande.
Pisanello (v 1395 - v 1455)
C'est le dernier exprimant le style gothique international. Il s'appelle en réalité Antonio Pisano. Il fait ses armes avec Gentile da Fabriano. Il est le peintre officiel de ducs de la famille Este. Il peint le portrait d'une des princesses en 1443, où il met en évidence des lignes longues et gracieuses, des couleurs claires et un certain raffinement. Il accentue ses travaux sur la perspective et le naturalisme.
Il est le vecteur à Florence des travaux de Brunelleschi et de Donatelo. Il est l'auteur d'une partie des fresques de la chapelle du cardinal Brancacci dans l'église de Santa Maria del Carmine de Florence. Il utilise la perspective dans ses tableaux, portant une grande attention aux structures et aux volumes.
Il est également l'auteur de la Madone à la caille et de la Vision de saint Eustache. Il réalise aussi des médailles en bronze fondu. Il peint des fresques comme celle de Saint Georges délivrant la princesse de Trébizonde en 1438. Il y exprime son goût du détail que ce soit au niveau des personnages, de la faune ou de la flore.
Andrea Mantegna (1431 - 1506)
Andrea Mantegna est né près de Padoue. Elève et fils adoptif de Francesco Squarcione de Padoue. Il s'intéresse de près à l'Antiquité, notamment les bas reliefs de la Rome antique.
Peintre inspiré par Donatello et del Castagno, il représente principalement des scènes issues de la religion. Mantegna sera une référence pour les peintres italiens et même ceux qui comme Durer sont issus de l'école allemande.
En 1448, âgé de dix sept ans, il peint les fresques de la chapelle Ovetari située dans l'église des Eremitani à Padoue. Il réalise une série de toiles sur le Triomphe de César.
Le Martyre de Saint Christophe est réalisé entre 1449 et 1456 .
L'humanisme est pour lui une source d'inspiration, notamment, pour la Parnasse (1497). Il innove constamment, comme dans la Madone de la victoire en 1495, où la composition est basée sur les diagonales.
En 1459, appelé par la famille Gonzague de Mantoue, Mantegna devient peintre de Cour et le reste jusqu'à sa mort. Son oeuvre la plus importante est la série de fresques peintes pour la chambre des époux du palais ducal de Mantoue, entre 1465 et 1474. On y retrouve les personnes de la Cour évoluant dans une composition à trois dimensions, comme si les murs n'existaient pas. Le plafond semble ouvert sur le ciel.
Mantegna peint en 1456 un retable destiné à l'église San Zénon située à Vérone. La partie du haut est un trompe l'oeil, avec la Vierge à l'enfant en son centre et Saint Pierre et Saint Paul sur les côtés. Dans la partie basse nous retrouvons trois panneaux, dont le central qui représente la crucifixion du Christ. Dans cette scènes, les trois croix sont représentées dans une perspective forte.
Mantegna peint aussi un tableau destiné à Isabelle d'Este de la ville de Mantoue. Il évoque des thèmes mythologiques.
Cosmè Tura (v 1430 - 1495)
Cosmè Tura vient de Ferrare. Il est influencé par Squarcione et Mantegna, mais également par Piero della Francesca etDonatello. Il peint les Volets de l'orgue de la cathédrale en 1458, et des toiles destinées à la bibliothèque de Pic de la Mirandole entre 1465 et 1467. Des toiles sont également faites pour les chapelles Sacrati en 1468 et Belriguardo en 1472.
Dès 1471, il est portraite officiel de la famille d'Este, ducs de Ferrare. On peut citer les portraits d'Alfonso et de Béatrice d'Este). Les personnages sont représentés par Tura avec un réalisme très fort, avec des traits acérés. Il est en cela influencé par Van der Weyden.
Cosmè Tura est réputé pour une pietà, les fresques du palais Schifanoia et le retable Roverella. La lunette située au-dessus de ce dernier évoque une déploration du Christ. Cette dernière est typique de l'art de la ville de Ferrare, caractérisé par un dessin élaboré, une lumière plutôt froide, voire inquiétante.
Francesco del Cossa (1436 - 1478)
Francesco del Cossa est comme Cosmè Tura un peintre émérite de l'école de Ferrera. A partir de 1462, il s'installe pour plusieurs années dans la ville de Bologne. Il y peint la Vierge en trône destiné au vitrail de San Giovanni in Monte.
Il exécute également un polyptyque destiné à la chapelle Griffoni de Bologne. Le centre représente le tondo de la crucifixion et les panneaux de gauche et de droite les saints Pierre et Jean le Baptiste.
Francesco del Cossa revient à Ferrare en 1469. Il intervient sur la décoration du palais Schifanoia. Il retrouve sur ce chantier Cosmè Tura et Ercole de' Roberti. Les trois cadres allégoriques évoquent la vie de tous les jours du duché, durant les mois de Mars, Avril et Mai.
Le thème de l'Annonciation est abordé par del Cossa en 1470.
Celui du mois de Mars présente Borso faisant la justice et les paysans à leur travail de taille de la vigne. Celui du mois d'Avril faire référence à la fécondité, au thème des amants. Enfin celui de Mai représente Borso recevant des cerises et une scène de moisson.
Par la suite, les toiles de Francesco del Cossa montre un travail abouti concernant la perspective et la lumière. Il retourne à Bologne, peignant des toiles religieuses. Il meurt de la peste.
Carlo Crivelli (1430/35 - 1495)
Né à Venise, Carlo Crivelli assure sa formation à Padoue et à Ferrare. Ses toiles sont un mélange de couleurs somptueuses et de riches ornementations. Les premières peintures expriment plus d'émotions que celles qu'il peindra plus tardivement qui seront plus monumentales.
Il est influencé par Andréa Mantegna. Sa toile principale est l'annonciation peinte en 1476. S'y exprime son travail sur la perspective. En effet un premier plan montrant un édifice en perspective se continue par une terrasse qui ouvre sur une porte. L'esprit saint est symbolisé par un rayon qui atteint la vierge située sur la droite au premier plan. Cette toile expose une grande richesse ornementale.
La Vierge de la passion, ici représentée, rompt avec la clarté de l'espace initiée par les précurseurs du quattrocento avec ses nombreux anges et fruits.
Il peint également une Vierge à l'enfant en 1493. Elle est assise sur un trône, l'enfant Jésus sur ses genoux en position debout. Il tient dans ses mains une mappemonde, symbolisant son pouvoir futur sur les hommes.
Giovanni Bellini (1430 - 1516)
La famille Bellini comportent plusieurs artistes : le père, Jacopo Bellini, les fils Giovanni et Gentile Bellini. Giovanni, marié à la soeur de Mantegna, subit fortement l'influence de ce dernier. Comme il subit également celle de Donatello dont on retrouve dans La Pietà le travail du relief dans la figure du Christ.
Son oeuvre sera importante pour la peinture vénitienne, étant sûrement celui qui est à l'origine de l'école vénitienne. Formépar son père au style gothique tardif, Giovanni s'en éloigne rapidement. Dans ses premières années d'artiste, Il y met une profondeur religieuse, tout cherchant à rendre ses tableaux plus proche de l'humain.
Il joue avec les couleurs, la lumière et l'ambiance des scènes. Ses madones mettent plus en valeurs les volumes que celles de son père et les plis des draperies s'approchent de la sculpture.
Il dirige ensuite sa propre école et a notamment pour élève Giorgone et Le Titien. Il peint en 1470 une Pieta, exprimant tout le désespoir de la Vierge. On y voit une opposition entre les couleurs du Christ et celles de la tenue de la Vierge.
Il peint également un retable du couronnement de la Vierge qui est destiné à une église de la ville de Pesaro. On y sent l'influence de Piero Della Francesca, notamment dans l'ampleur des personnes qui entourent la Vierge.
De 1480 à 1485, il travaille sur une Transfiguration où la scène principale représente le Christ entouré de Moïse et Elie . Le premier plan montre trois apôtres dont la hauteur est réduite par rapport aux personnages de la scène du centre. Le paysage du fond est également plein de symbolisme.
Giovanni Bellini réalise le portrait du doge Léonardo Loredan dans lequel il s'applique à restituer le moindre détail dans l'habit du doge. Un éclairage étudié permet de faire ressortir le visage plein de profondeur du doge.
Il est également l'auteur d'une Vierge à l'enfant et d'une Vierge à la prairie. En fin de carrière, il est surtout un peintre de paysages. Il a une telle maîtrise du rendu de la lumière du jour, que l'on peut deviner en regardant ses toiles, le moment dans l'année et même dans la journée où telle toile a été faite. Une partie de ses toiles brûlent dans un incendie en 1577.
Gentile Bellini (1429 - 1507)
Gentile Bellini a été l'élève de Mantegna. Il est plutôt versé dans le portrait. Ainsi peint-il le portrait de Mohamet II lors de son séjour à Constantinople.
En 1474, il décore la salle du Grand Conseil au palais des Doges. Il peint une toile pour une confrérie, le Miracle de la Croix, faisant parti d'un cycle sur les miracles, qui restitue une scène de miracle durant une procession passant sur le pont San Lorenzo.
Soudain le reliquaire tombe mais ce dernier reste suspendu au dessus du canal. Seul le religieux en tête de la procession peut le reprendre. C'est son frère Giovanni qui termine l'oeuvre. Ces toiles disparaîtront dans un incendie en1577.
Par sa réputation qui va au-delà des frontières, Gentile est fait chevalier palatin par l'empereur Frédéric III. Il est également reconnu comme un portraitiste de grande valeur.
Vittore Carpaccio (1460 - 1526)
Vittore Carpaccio est né aux environs de 1465 à Venise. Nous avons peu de documents pour nous renseigner sur sa période d'apprentissage, le grande variété de style dans ses premières oeuvres ne permettant pas d'authentifier facilement son maître. Il a cependant participé aux travaux de décoration de la confrérie San Giovanni avec Gentile Bellini qui pourrait l'avoir formé.
Dans ces travaux pour la confrérie, Carpaccio s'inspire de la gestion de l'espace initiée par Antonello de Méssina. On y retrouve le Grand Canal et ses façades pittoresques, toujours plein de personnages, jouant avec la perspective. Carpaccio peint sa ville de Venise dans une lumière plutôt magique que réelle, dans une ambiance exotique évoquant l'Orient que Carpaccio admire, émerveillé par les récits de voyageurs.
Carpaccio insuffle à ses toiles une lumière ambrée, rendant la limite entre le sol et le ciel difficilement perceptible. Marcel Proust dira des peintures de Carpaccio :
"On ne savait plus où finissait la Terre, où commençait l'eau." |
Ce peintre a une place particulière dans la peinture de la Renaissance. Ses toiles reflète souvent l'onirisme. Il représente surtout des paysages urbains. Il participe au cycle des Miracles de la Croix. Il peint notamment le Songe de Sainte Ursule, représentée allongée sur un lit avec dais, juste éclairée par une lumière venant d'une fenêtre et par un ange.
Après le cycle des Miracles de la croix, la peinture de Carpaccio faiblit, ses collaborateurs intervenant dans ses toiles. Le Titien et Giorgione le désignent comme un peintre dépassé.
Les oeuvres principales de Carpaccio sont l'Arrivée des ambassadeurs, le Polyptique de la cathédrale de Zara, Le triomphe de Saint Georges, L'ambassade des amazones auprès de Thésée, La fuite en Égypte et Le sang du rédempteur.
Dossier créé le 29 janvier 2004 - Mis à jour le 29 janvier 2004 - Animation Renaissance Amboise - (c) 2005
06 août 2009
L'Art Italien
C'est à l'école de Cimabue que a lieu la formation artistique de Giotto, le plus important artiste du '300, le maître de Campanile de Florence et des fresques de la Basilique Supérieure de Saint François en Assise. Les princes du quinzième et du seizième siècle, confient à des peintres, des sculpteurs, des architectes, la tache d'ornementer leurs résidences et leurs villes. Ainsi fait-elle la curie papale, pour laquelle travaillent dans la première moitié de seizième siècle, Raphaël et Michel-Ange, sculpteur (La Pitié, la Basilique de Saint Pierre), architecte (la Coupole de Saint Pierre), peintre (la Chapelle Sixtine). La peinture de la Renaissance, ainsi que la littérature, redécouvrent les thèmes de la culture classique: dans le tableau La Naissance de Vénus (Galerie des Offices à Florence), Botticelli représente la déesse de l'amour naissant de l'écume de la mer.
Le baroque de Bernin
Jean-Laurent Bernin est le plus influent interprète du Baroque: architecte, peintre, décorateur, auteur dramatique et surtout sculpteur, il accomplit sa formation artistique à Rome, où il travaille comme étant l'artiste officiel des Papes et des plus importantes familles romaines. Sa production artistique est le fruit de la fusion entre architecture, sculpture et peinture. Parmi ses sculptures les plus connues: Apollon et Daphné (1622-24), aujourd'hui dans la Galerie de Villa Borghèse à Rome et l'Extase de Sainte Thérèse (1644-51) dans l'église romaine de Sainte Marie de la Victoire. Pour plus de cinquante ans, Bernin travaille à l'agrandissement et à la décoration de la Basilique de Saint Pierre, pour laquelle il réalise la place avec sa colonnade (1657-65), le Baldaquin (1624-33), la Chaire de Saint Pierre (1656-66) et les tombeaux de deux papes. Il décore les principales places romaines avec des fontaines monumentales, parmi elles, la Fontaine des Fleuves (1648-51) dans la place Navona.
Le dix-huitième siècle et le Néoclassicisme
Dans le dix-huitième siècle, Canaletto nous offre des vues merveilleuses de Venise et de la vie vénitienne, plongées dans une lumière et une atmosphère réelles. Le siècle vit le retour aux idéaux classiques, soit dans la littérature, soit dans l'art, grâce aussi aux nombreuses fouilles archéologiques, comme celles d'Herculanum et de Pompéi. Le plus grand sculpteur du Néoclassicisme est Antonio Canova (Amour et Psyché, 1787-93, Gypsothèque de Possagno - TV).
Futurisme et art pauvre
Le vingtième siècle italien est représenté par des auteurs différents et originaux comme les futuristes Boccioni, Balla, Carrà, et comme Giorgio De Chirico, Renato Guttuso et Alberto Burri. Ce dernier (1915-1995) utilise pour ses œuvres des matériaux pauvres: des sacs, du plastique, du goudron: l'artiste s'attaque à la matière avec des brûlures et des déchirements. Les matériaux sont les protagonistes absolus: ils ne sont pas des symboles, mais ils suggèrent les états d'âme et les souffrances de l'homme et de la vie.
Culture et art étrusques
Les régions qui gardent les vestiges de la première grande civilisation italienne (à partir du IX siècle av. J-C.), sont la Toscane, le Latium et l'Ombrie. Dans leurs tombeaux surtout, ils ont été retrouvés des fresques, de la vaisselle, des bijoux. Cerveteri et Tarquinia (Latium) gardent des grandes nécropoles. Les musées exposant les collections d'art et d'objets étrusques sont: le Musée archéologique de Tarquinia, Villa Giulia et le Musée Gregoriano à Rome, le Musée archéologique de Florence, le Musée Civique de Chiusi et le Musée Guarnacci de Volterra.
Culture et art de la Rome impériale
L'âge de l'or de Rome, sa période la plus heureuse, celle de Trajan, Adrian et Marc Aurèle, nous a laissé des ouvrages manufacturés, œuvres d'art, mosaïques, fresques, colonnes, bâtiments entiers, rues, aqueducs, thermes, théâtres et villes, qui, comme Pompéi ensevelie par l'éruption du Vésuve en 79 après J-C., gardent le témoignage de la vie quotidienne d'antan. Les lieux par excellence pour connaître ce que c'était la vie quotidienne des Romains, sont Pompéi et Herculanum (Campanie). Ensuite, le Musée archéologique de Naples, le Panthéon et le Colisée à Rome, et dans les environs, Villa d'Adrien et Ostie. Mais les vestiges romains sont présents partout en Italie, de l'Arc d'Auguste à Aoste, à la Villa del Casale à Piazza Armerina, en Sicile.
Culture et art byzantins
Après la chute de l'empire romain, la continuité de la religion chrétienne a permis de sauver plusieurs monuments de la fin de l'empire et de l'époque byzantine. Les catacombes et la grande basilique de Santa Maria Maggiore à Rome; l'église de San Vitale et Sant'Apollinare avec ses mosaïques spectaculaires à Ravenne, capitale administrative de l'empire d'Orient. Un grand exemple d'architecture byzantine finissante est Saint Marc à Venise, mais aussi en Calabre, à Stilo, on trouve une belle église byzantine, la Cattolica.
Culture et art des Républiques Maritimes italiennes du Haut Moyen-Âge
Les luttes entre la papauté et l'empire, se poursuivent ainsi que les invasions d'autres populations, comme les Hongrois et les Normands; mais entre-temps fleurissent les Communes et les Républiques Maritimes, dont la plus puissante est Venise, suivie par Pise, Gênes et Amalfi. Dans la Basilique de Saint Marc à Venise, les styles et les décorations occidentales et orientales ont fusionné pour créer un édifice parmi les plus spectaculaires au monde. Il vaut la peine de visiter l'église de Saint Antoine à Padoue (Vénétie), le Dôme et la Tour penchée de Pise, le Château de l'Empereur à Prato (Toscane), le Château de Frédéric II à Castel del Monte (Pouilles).
Culture et art du Bas Moyen- Âge
Les guelfes, liés à la papauté, et les gibelins, liés à l'empereur continuent de se battre, tandis que les villes lombardes et toscanes se fortifient. Dans cette époque de troubles politiques, des artistes comme Duccio Buoninsegna et Giotto donnent la vie à un moment grandiose dans la peinture, et les écrivains toscans Dante, Pétrarque et Boccace, créent la littérature italienne. L'art italien du XIII et du XIV siècle est copié dans toute l'Europe. Pour la première fois depuis la période classique, des peintres et des sculpteurs introduisent le réalisme des personnages et des objets dans leurs œuvres. Le concept de la perspective est ainsi appliqué et l'on retrouve la technique des fresques, qui permet la réalisation de véritables récits picturaux.
Toscane, Ombrie et Latium, sont les régions, qui gardent au mieux leur caractère médiéval. Plusieurs édifices publics remontent à cette période, comme Palazzo Vecchio à Florence et Palazzo Pubblico à Sienne, tandis que de petites villes magiques nous font remonter le temps. Il ne faut pas oublier de visiter Volterra et San Gimignano en Toscane, le Dôme d'Orvieto, une cathédrale gothique parmi les plus belles en Italie, Gubbio et Todi en Ombrie, Viterbe dans le Latium.
Culture et art de la Renaissance
L'art de la Renaissance, le grand mouvement culturel né en Italie dans le XV siècle, aura une grande influence dans l'histoire de la culture et de la civilisation pas seulement en Italie, mais dans toute l'Europe. Après la marginalité soufferte par les hommes soumis aux dessins de Dieu, pendant les siècles du Moyen-Âge, La Renaissance place les êtres humains et le monde laïque au centre de l'univers.
Les grands hommes de la Renaissance, des philosophes comme Giordano Bruno et Tommaso Campanella, des hommes de science comme Copernic et Galilée, des savants comme Machiavel, des poètes comme l'Arioste, des musiciens comme Palestrina et Monteverdi, se faisant fort d'une vision "moderne" du monde et de la société partagée et soutenue par une bourgeoisie riche et entreprenante, changent de la racine le mode de penser, d'agir, de créer. Mais c'est aussi une époque très instable politiquement, qui amènera l'Italie à sa décadence.
Dans les arts et dans l'architecture, la Renaissance est synonyme de chefs-d'œuvre, de génie inventif et créatif. Cette grande saison artistique a laissé des vestiges magnifiques dans l'Italie entière. Il suffit de penser à Florence, avec ses palais et les Offices, mais aussi à Venise, Urbino et Mantoue. À ne pas manquer la Chapelle Sixtine et les Salles de Raphaël à Rome.
L'Italie baroque
C'est la période de la Contre-réforme qui impose, contre la menace du protestantisme et avec l'appui de l'Inquisition, une rigide orthodoxie. Vers la moitié du XVI siècle, avec la création d'autres ordres religieux, comme les jésuites, les nouvelles règles de l'architecture et de l'iconographie sacrée, donnent la vie aux aspects dynamiques et théâtraux du baroque. L'art baroque est particulièrement évident à Rome, avec la place Navona et les églises de Borromini et de Bernin. Mais on trouve d'autres exubérantes manifestations à Lecce (Pouilles), à Palerme, Noto et Syracuse (Sicile), et à Turin.
L'art du XVIII siècle
Une période de paix arrive finalement, après le traité d'Aix-La-Chapelle en 1748, tout au moins jusqu'à la campagne italienne de Napoléon en 1796, qui rallume une saison de bouleversements politiques et sociaux. L'Italie devient alors une des destinations privilégiées en Europe; les jeunes personnes aisées visitent nos villes, découvrent nos trésors artistiques et les fouilles qui venaient de commencer à Pompéi. Dans notre pays, pour citer des poètes, arrivent Goethe, Keats, Shelley et Byron. À la même période, appartiennent des monuments comme le grand escalier de la place de Spagna, la Fontaine de Trevi, la Vénus de Canova à Rome et le musée Pio-Clementino au Vaticano. L'édifice néoclassique le plus imposant est la Reggia di Caserta (Campanie).
L'art du Risorgimento (http://www.risorgimento.it)
C'est la période des luttes contre la domination étrangère, qui aboutira à l'unification de l'Italie en 1870. Toutes les villes rendent hommage aux héros du Risorgimento, Garibaldi, Mazzini, Cavour, Vittorio Emanuele, leur dédiant des rues, des places, des monuments. Giuseppe Verdi, Donizetti et Rossini signent les expressions les plus hautes, de l'opéra lyrique italien. La ville où l'art de l'époque a laissé le plus de témoignages est Turin, capitale du Royaume d'Italie, où l'on peut visiter le plus riche parmi les musées du Risorgimento.
L'art du XX siècle
Du premier après-guerre, l'Italie passe à vivre la longue période du fascisme (1922- 1943) et de la dictature de Mussolini. Malgré les désastres provoqués par la Deuxième Guerre Mondiale, le Pays a réussi à construire un niveau de vie et d'économie, impensable au début du siècle. La république italienne, déclarée par un referendum populaire en1946, est passée par beaucoup de crises et les problèmes sociaux du deuxième après-guerre, ont influencé les plus importantes mouvances artistiques européennes: du cinéma à la mode, de l'art à l'architecture. La modernisation des usines du verre, et du fer, ont permis l'édification de monuments comme la galerie Vittorio Emanuele à Milan. La Mole Antonelliana de Turin, avec sa flèche en granit, était à l'époque, l'édifice le plus haut au monde. Le gratte-ciel Pirelli de Milan, conçu par Ponti et Nervi à la fin des années '50, est un des exemples de l'usage du béton armé dans l'architecture moderne italienne.
18 mai 2009
La musique Italienne
Née d'une côte du mélodrame, la tradition mélodique de la chanson italienne a vécu ces quarante dernières années, à partir de Domenico Modugno, d'importants changements. Cette tradition n'a jamais perdu de son charme, si des chanteurs comme Nilla Pizzi ou Al Bano sont toujours très populaires même à l'étranger, et elle représente aussi un élément essentiel du succès de chanteurs modernes comme Eros Ramazzotti ou Laura Pausini.
L’explosion du rock ‘n’roll a influencé et modifié la chanson italienne des origines : à ce moment-là débutent des jeunes déchaînés comme Mina, Adriano Celentano, Rita Pavone, Gianni Morandi. Cependant, une dimension vraiment originale dans le panorama de la chanson italienne est représentée par la chanson d'auteur. Pour Gino Paoli, Luigi Tenco, Bruno Lauzi, Sergio Endrigo la chanson exprime un monde intérieur, autonome sur le plan artistique; et même dans les chansons de Fabrizio De Andrè, qui est cependant influencé par la musique de Bob Dylan et de Leonard Cohen, la disposition à une atmosphère intimiste afflue de nouveau; Roberto Vecchioni a exploré l'espace intérieur des individus en racontant une Milan repliée sur les émotions privées; la musique de Lucio Battisti a fusionné, pour la première fois de façon originale, les caractéristiques du rhytm n’blues américain avec la forme mélodique italienne, en utilisant un langage simple mais aussi dramatique. D'autres noms importants de la musique italienne sont Claudio Baglioni, Antonello Venditti, des poètes-ménestrels comme Francesco De Gregori et Francesco Guccini mais aussi des représentants du rock italien comme Vasco Rossi, Ligabue, Zucchero. Lucio Dalla, originaire de Bologne, a une histoire à part qui a commencé comme instrumentiste de jazz-band et qui a continué avec intelligence vers la définition d'un style personnel, jusqu'à inclure des projets de théâtre musical. D'ailleurs, la récupération du style vocal de la romance, qui a été couronnée par des personnalités comme Pavarotti et Bocelli, a justement commencé à partir du succès éclatant et mondial de Caruso, de Lucio Dalla.
La musique légère italienne est également représentée par des splendides chanteurs musiciens qui trouvent leurs modèles dans le jazz, comme le piano de Paolo Conte, ou dans le blues, comme la guitare de Pino Daniele, ou dans des modèles archaïques et folk, comme le violon d'Angelo Branduardi. La chanson d'auteur trouve aujourd'hui des nouvelles expressions avec des personnalités d'une grande profondeur communicative comme Jovanotti.
http://www.italianculture.net/francais/musique.html
http://www.tuttotesti.com/italiani/a.asp
http://www.italie1.com/musique-624.html
http://www.italianculture.net/francais/opera.html
06 mai 2006
Les musées
L'Italie possède le plus grand nombre de musées dans le monde, car son patrimoine artistique couvre la moitié du patrimoine mondial. L'Italie est un exemple unique au monde, soit pour l'abondance de ses œuvres d'art, soit pour son parcours artistique qui ne s'est jamais arrêté depuis les époques les plus anciennes, du Paléolithique en avant, comme si toute invention ou forme artistique, avait été en premier expérimentée dans notre Pays. Et qui sait combien d'œuvres d'art sont encore cachées sous la terre ou dans les mers!
L'art italien s'étale dans des musées de prestige rassemblant les plus précieuses œuvres artistiques du monde, comme la Pinacoteca di Brera, la Galleria degli Uffizi à Florence, les Musei Vaticani à Rome.
L'importance des musées italiens dépend non seulement de la richesse des collections, de la valeur des œuvres d'art et du niveau de la recherche scientifique de secteur, mais aussi de leur ouverture vers un publique non spécialisé. Pendant les trente dernières années, le musée est devenu un instrument essentiel, dans les domaines social et éducatif. Par exemple, la Galerie Nationale d'Art Moderne à Rome reçoit une moyenne de 4000 visiteurs par mois.
Les musées italiens offrent des visites accompagnées et des horaires d'une grande ampleur. À leur intérieur, souvent on organise des expositions thématiques, des conférences et des séminaires.
Le cinéma Italien
Le premier film tourné en Italie, Umberto et Marguerite de Savoie se promenant dans le parc, de Vittorio Calcina, remonte au1896. Il s'agit, comme pour tous les films de cette première période, d'un court-métrage documentaire.
De Sica, Rossellini et Visconti, frappés par les problèmes sociaux que l'Italie vivait dans le deuxième après-guerre, réalisent des chefs-d'œuvre comme Rome, ville ouverte et Paisà, avec un style moderne et une structure narrative forte et reconnaissable. Une attention critique vis-à-vis de la société, le nouveau langage et la popularité, voici l'ensemble des éléments permettant au cinéma italien de se confirmer avec la comédie à l'italienne de la décennie suivante, dans les ouvrages de réalisateurs comme Mario Monicelli, Pietro Germi, Antonio Pietrangeli et Dino Risi.
Le cinéma italien des années '60 est aussi le cinéma expérimental de Michelangelo Antonioni, les films genre western de Sergio Leone, le cinéma poétique de Federico Fellini et le cinéma social de Pier Paolo Pasolini et de Ferreri.
La Dolce Vita de Fellini devient un phénomène de mœurs. À la dure réalité du néo-réalisme, il oppose la description d'un monde luxueux et rutilant, vide et pauvre d'idéaux. Inoubliables le cinéma littéraire de Luchino Visconti et le cinéma politique de Bellocchio, Scola e Moretti, des réalisateurs qui continuent d'influencer les metteurs en scène du monde entier.
Après la période noire des années '80, avec les rares exceptions de Amelio et Lucchetti, le cinéma italien reprend à vivre avec Salvatores, Tornatore et Calopresti.
Points de repère utiles
- Cinéma italien: http://www.cinemaitaliano.net
Parcours consacrés à l'histoire du cinéma italien: des grands films, des grands réalisateurs, des textes inédits et des images.




























